De tous temps, de nombreuses personnes ont déclaré à haute voix « moi, je tiens les rênes de mon destin ». Mais beaucoup sont ceux qui ont finalement baissé les bras devant le destin après de multiples tentatives sans succès. Certains internautes reconnaissent, dans leurs courriels, qu’ils sont devenus plus pessimistes après la lecture de l’article Liao Fan Si Xun[1]: « car si notre destin est prédéterminé, à quoi servent tous nos efforts ?  Ce qui doit arriver va certainement arriver, n’est-ce pas ? A l’inverse, aucun effort ne peut nous gagner ce qui ne devrait pas nous appartenir. » Combien de fois les tragédies humaines sont-elles résumées par ce mot – « le destin » ? Comme si c’était lui, « le destin », l’origine de tous nos maux. Oui, on met facilement tout sur le compte du « destin » : les difficultés de la vie professionnelle, les déceptions de la vie privée,  les problèmes de santé de ses enfants, les conflits entre les membres familiaux, etc. et on se prend pour un innocent, une victime du destin. Réellement, est-il vrai que nous ne sommes absolument pas responsables de ce qui se passe ? Est-il vrai que nous ne pouvons absolument rien faire pour changer notre vie ? Dans la réalité, c’est nous qui sommes les vrais concepteurs de notre propre destin. Il n’y a que nous, et personne d’autre, qui puissions changer notre propre destin. Le destin n’est rien d’autre qu’un petit bout de l’ensemble Samsara[2] qui se manifeste en notre vie présente. Chaque fois que nous nous replongeons dans le Samsara, nous commençons une nouvelle vie. C’est comme si nous jouions une nouvelle pièce de théâtre, sur une nouvelle scène, avec des rôles redistribués, selon un scénario que nous avons-nous-mêmes préalablement écrit, mais que nous avions entièrement oublié. Nous jouons notre rôle en stricte conformité avec ce scénario prédéterminé.

 

Les lois fondamentales du destin

Le destin est un chemin tracé par les effets que nous devons subir dans notre vie courante. En fait, que ce soit le Samsara ou le destin, tout fonctionne en parfaite conformité avec deux lois fondamentales. Tout fonctionne de façon cyclique, sans début ni fin. Tous les êtres sont inclus dans cet ensemble. Ces deux lois forment la base du Samsara. Devant elles, tous les êtres sont égaux.

La première loi universelle est celle de cause à effet : à telle cause tel effet. Le fameux proverbe que nous connaissons tous explique très bien cette loi : « on récolte ce qu’on sème ». La loi de cause à effet est une règle ferme que tous les individus, aussi nombreux que les sables du Gange, doivent respecter sans exception. Aucune force ne peut briser le cercle de cause à effet. C’est pourquoi si aujourd’hui, vous semez un grain de mal en maltraitant votre belle-mère, vous aurez une mauvaise relation conjugale au cours de votre prochaine vie. C’est là le mauvais effet que vous récolterez. Si vous avez tué trop d’animaux pendant votre vie précédente, vous serez rattrapé par des maladies au cours de cette vie. Car à toute cause, il y aura forcément un effet. Même les pouvoirs suprêmes ne peuvent pas effacer un effet de façon prématurée sans qu’il y ait un contrepoids. C’est la raison pour laquelle si vous devez souffrir d’une maladie de sang, car vous avez fait beaucoup de mal dans votre vie précédente, alors rien ne peut empêcher  l’effet négatif de cette maladie de se réaliser. Même si vous avez reçu une bénédiction divine, ce pouvoir a pu reporter l’arrivée de cet effet néfaste pendant votre vie présente, vous devrez quand même payer cette dette karmique d’une façon ou d’une autre pendant votre vie suivante. Si une autre personne ou une autre force voulait porter cet effet néfaste à votre place, il s’agirait là d’un autre effet d’une cause faste. Dans ce cas, le calcul est plus complexe, mais tout doit être conforme à la loi de cause à effet pour que vous receviez forcément ce que vous avez semé en fin de compte.

La deuxième loi concerne un dispositif de lois célestes. « Les lois célestes fonctionnent de façon cyclique pour que chacun reçoive la récompense ou la sanction qu’il mérite. » : cette phrase n’existe pas que sur papier. En effet, les lois célestes contituent un dispositif de gestion qui prescrivent très en détail la nature, le dosage, le délai de réalisation d’un effet pour une cause donnée. Ils déterminent non seulement les effets pour un individu, mais aussi les effets pour une région, une dynastie, un pays, voire un monde. Les désastres naturels ou humains sont les effets collectifs causés par une communauté. L’effet de serre en est un très bon exemple. Tous sont couverts par ces lois célestes. Par exemple, si une personne a fait du mal à un moment donné, ou a eu l’idée de faire du mal, le dispositif céleste va automatiquement générer l’effet qu’elle mérite et placer celui-ci à un moment précis de sa vie suivante. De la même façon pour ses bienfaits, les mérites positifs sont générés et placés automatiquement à un moment précis.

Tout ce que nous pensons, à chaque instant, représente les grains que nous semons. Ils se transforment automatiquement en effets qui se placent tout au long de notre vie ultérieure. Cette ligne constituée par les effets n’est rien d’autre que le destin de notre vie ultérieure. Il arrive souvent que nous n’ayons rien fait de bien ou de mal pendant un certain temps. Ces moments se transforment en des moments blancs du destin. C’est pourquoi nous nous trouvons souvent dans l’attente de quelque chose : attendre pour aller à l’école, pour passer un examen, pour obtenir un diplôme, pour rencontrer l’âme sœur, pour décrocher une opportunité de carrière, pour la naissance d’un enfant, etc., etc. Trop de temps passe dans une attente sans fin : quel gaspillage de temps, enfin quel gaspillage de la vie !

 

Comment les dettes karmiques ont-elles été transférées vers notre vie présente ?

Nous entendons souvent, et c’est surtout préconisé par le catholicisme ou le christianisme, que l’homme est né coupable. C’est exact. Mais pour quelle raison un nouveau-né innocent est-il coupable ? D’où viennent ses péchés ? Parmi les nombreux cas que j’ai traités avec les auditeurs, il en existe plusieurs où les jeunes parents n’ont pas dormi une seule nuit complète pendant 3 ans après la naissance de leur bébé, parce qu’il souffre d’eczéma et se réveille effrayé plusieurs fois pendant la nuit. C’est une parfaite illustration du péché originel. En fait, tout être humain de ce monde porte certaines dettes karmiques. Les dettes karmiques ne sont rien d’autres que des péchés. Aucun être dépourvu de péchés ne naît dans notre monde des humains. Dans ce sens, le péché originel est avéré.

Quand tous les effets néfastes se transforment en dettes karmiques classées dans le temps, ils ressemblent à des programmes informatiques attachés à l’âme de l’individu. Sur le Totem, cela se traduit par des nuages noirs attachés à une partie du corps. Ayant fait et refait du mal, l’âme est salie par des nuages noirs par-ci par-là. A la naissance, ces nuages noirs viennent avec l’âme dans ce monde et ils éclatent au moment prédéterminé. C’est ainsi que les dettes karmiques nous suivent comme notre ombre. De la même manière, si les résidents d’une région ou d’un pays ont commis collectivement des péchés, des nuages noirs se forment également. Ils exercent une influence sur le ciel (le temps, le climat) et la terre, qui déclencheront un mauvais effet.

Quand les dettes karmiques n’atteignent pas encore leur phase d’éclatement, est-ce qu’elles ont un impact sur nous ? Certainement, d’ailleurs, son influence négative est très importante. Les nuages noirs nous attaquent comme des produits corrosifs. Ils corrompent notre corps, interrompent la circulation de l’énergie dans notre corps,  restreignent notre système neurologique,  jettent de l’ombre sur notre état psychologique. Toutes les maladies relatives à l’effet karmique sont déclenchées soient par les esprits occupant le corps, soient par les dettes karmiques. Maître LU distingue souvent les maladies déclenchées par les esprits de celles déclenchées par une dette karmique.

Une dette karmique n’a que deux évolutions : soit, elle est éliminée par compensation, soit elle éclate en se transformant en esprit occupant le corps. En revanche, un esprit occupant le corps peut être issu de l’intérieur (transformation d’une dette karmique) ou venu de l’extérieur. Maintenant, une question se pose : vu qu’une dette karmique est en réalité l’effet négatif d’une cause, et ne peut donc pas être effacée, pourquoi peut-elle être éliminée par compensation ? Comment peut-on compenser un effet négatif ?

Pourquoi la pratique bouddhiste et la récitation des soutras peuvent-ils compenser l’effet négatif ?

La dette karmique est l’effet négatif d’une cause ; elle est en même temps la récolte qu’on a semée auparavant. Elle ne peut donc être éliminée que par compensation d’un effet positif, autrement dit, rien d’autre ne peut l’empêcher d’éclater. Un effet positif  qui est un Mérite (Gongde) peut éliminer par compensation une dette karmique. (cf. l’article « La différence entre le bienfait et les actions du Mérite (Gongde) »)

Quand on dit « apprendre le Bouddhisme », qu’est-ce qu’on apprend en fin de compte ? La réponse se trouve dans la purification spirituelle (du cœur). Le but est de retrouver sa sérénité, son sens du bien et du mal, sa bonté, son sens de l’égalité et de la compassion, d’éliminer son délire, sa convoitise, sa colère, son engouement, sa rigidité. On sait tous très bien que faire du bien ou du mal ne dépend que d’une petite décision prise en même pas une seconde. On ne peut pas s’assurer de ne pas semer les mauvais grains et donc d’échapper aux effets néfastes, sans avoir purifié notre âme. Voilà pourquoi, la purification spirituelle est la priorité primordiale quand on apprend le Bouddhisme.

Les bouddhistes récitent les Mantras et les Soutras, ils saluent à genoux les Bouddhas et les Bodhisattvas. Ce n’est pas pour rien que les Bouddhas / Bodhisattvas suppriment vos dettes karmiques, car il faut savoir que la récitation des Mantras / Soutras et les salutations respectueuses envers les Bouddhas / Bodhisattvas constituent en elles-mêmes d’immenses Mérites (Gongde) inimaginables, qui vous renvoient d’incroyables effets favorables. Toutefois, les lois célestes n’ont pas prévu que ces mérites positifs remboursent automatiquement les dettes karmiques. Il faut en faire la demande devant les Bouddhas/Bodhisattvas : que le compassionnel Bouddha / Bodhisattva vous bénisse pour que tout aille bien dans votre vie professionnelle ; que le compassionnel Bouddha / Bodhisattva protège votre amour, etc. A ce moment là, le Bouddha / Bodhisattva peut utiliser ses pouvoirs pour compenser les dettes karmiques concernées par vos mérites.  En résumé, pour avoir une vie professionnelle ou une relation amoureuse qui fonctionne bien, deux conditions sont indispensables : vos propres Mérites et les pouvoirs de Bouddha/Bodhisattva miséricordieux. Mais entre les deux conditions indispensables, vos propres Mérites sont primordiaux. Il y a des gens qui demandent sans arrêt au Bouddha, mais ils ne travaillent point pour gagner du Mérite, même pas la récitation des Mantras / Soutras. Dans ce cas, même Bouddha ne peut pas les sauver. Il en va de même si leurs Mérites sont insuffisants pour compenser des dettes karmiques trop importantes, ils n’obtiendront pas non plus ce qu’ils demandent.

 

Comment appliquer ces lois dans la vie quotidienne ?

Après avoir compris ces lois, c’est à nous de nous mobiliser en utilisant chaque jour, chaque minute pour purifier notre cœur et pour accumuler des Mérites. Une fois compris le lien entre la dette karmique et le Mérite, chacun pourra établir son programme d’apprentissage à court terme en fonction de l’importance de ses dettes karmiques. On sait lorsqu’une personne a de lourdes dettes quand tout va mal et que rien ne s’améliore même après avoir récité beaucoup de Mantras / Soutras. Dans ce cas, la personne pourrait se concentrer d’abord sur la compensation des dettes en récitant, par exemple, les Petites Maisons. Dans le cas contraire, si une personne reçoit assez rapidement des retours des Bouddhas /Bodhisattvas et que tout ce qu’elle demande au Bouddha se réalise, elle a sûrement un stock de Mérites qu’elle a accumulé auparavant. Dans ce cas, il est recommandé que cette personne hausse la barre et vise des objectifs plus ambitieux.

Après avoir expliqué ces lois universelles, j’espère que vous comprenez tous comment votre destin s’est formé. Arrêtez de vous plaindre, de repousser la responsabilité sur les autres. Concentrez-vous sur la libération de votre cœur et sur votre apprentissage du Bouddhisme. Utilisez tout votre temps à la récitation et à l’accumulation de Mérites. Quand vous faites ceci, et même si vous renaissez en être humain lors de votre prochaine vie, vous n’aurez que des effets favorables, que du bonheur chaque jour de cette vie, comme si vous viviez dans un monde céleste.

 

 



[1] Liao Fan Si Xun : L’histoire chinoise très populaire, racontant un monsieur qui réussit à améliorer considérablement son destin en faisant abondamment de bonnes actions.

[2] Le Samsara : Selon le Bouddhisme, il s’agit du cycle des vies conditionnées par le Karma.